Voyage sur la ligne

  Par l’assemblage de photographies de paysage, ''Voyage sur la ligne'' nous propose de découvrir un nouvel espace imaginaire. Le lieu des prises de vues devient secondaire face à ce nouveau paysage. La ligne d’horizon devient alors le fil conducteur et permet le passage d’une photographie à l’autre. Cette ligne apparaît par la confrontation entre la terre et le ciel, deux éléments naturels incompatibles et pourtant complémentaires.
  Les variations de la terre donne le rythme à la vidéo alors que le ciel permet d’apporter une continuité et une unité entre les différentes photographies. Cette continuité est perturbée par la présence des bandes noires qui viennent troubler le temps et l’espace. Le temps est ''haché'' par ces bandes noires. En plus de découper le temps, les bandes découpent la ligne d’horizon en morceaux comme pour confirmer l’aspect fictionnel de cet assemblage. La notion d’espace-temps est alors transformée. L’idée de cycle perdure tout de même par l’alternance du jour et de la nuit et le changement des saisons. Monté en boucle, ce nouvel espace devient autonome. Il a ainsi sa propre temporalité.
  La présence de l’horizon donne un repère à cet espace créé et guide le regard du spectateur à travers ce panorama défilant. Le spectateur touche avec son regard cette ligne et se laisse guider dans ce défilement d’images. Il se retrouve ainsi immergé dans la vidéo. À travers son œil, il devient marcheur dans ce paysage imaginaire. Il se laisse porter par cette ligne. Il passe d’une image à l’autre, pas-à-pas, mais il peut également s’arrêter et regarder le chemin parcouru et celui qui lui reste à faire grâce au montage en trois vidéos décalées. Les trois vidéos rappellent notre perception de l’espace appréhendé en trois dimensions. Il permet également de mettre en valeur l’oscillation de la ligne et de donner une vie au paysage.